Santé en voyage

Maladies tropicales : symptômes et prévention

Écrit par Xavier Van CaneghemPublié le 16/10/20269 min. de lecture

Quelles sont les maladies tropicales et comment se protéger?

En bref

  • La fièvre peut être le premier signal d’une maladie tropicale : pendant le séjour comme au retour, elle justifie toujours un avis médical.
  • Le délai d’incubation peut atteindre plusieurs semaines, voire plusieurs mois : les premiers signes apparaissent parfois longtemps après le retour.
  • Se protéger des piqûres reste la mesure la plus efficace, de jour comme de nuit.
  • En cas de symptômes à l’étranger, Redion prend en charge votre suivi médical et, selon votre contrat, le rapatriement sanitaire.

Reconnaître les premiers symptômes

Trois jours après votre retour d’un séjour dans un pays lointain, la fièvre monte. Vous l’attribuez au décalage horaire, au vol de nuit. Le lendemain, elle est toujours là. La question arrive alors, un peu tard : et si cela venait de là-bas ?

C’est la bonne question. La plupart des maladies dites tropicales ne se déclarent pas pendant le séjour, mais après. Certaines mettent une semaine, d’autres un mois ou davantage. Ce décalage les rend difficiles à rattacher au voyage, ce qui retarde le diagnostic.

Le sujet n’a rien d’anecdotique pour un voyageur belge. En 2016, la fiche de Sciensano recensait deux cent cinquante à trois cents cas de paludisme importés en Belgique chaque année. L’Institut de médecine tropicale d’Anvers, laboratoire national de référence pour le paludisme, en a compté 507 en 2023 et observe un doublement sur la dernière décennie.

Ce guide couvre les deux moments où la question se pose : avant le départ et durant le séjour, pour se protéger et au retour, pour savoir ce qui doit alerter.

Quelles maladies tropicales, et dans quelles régions ?

On regroupe sous le terme « maladie tropicale » des maladies très différentes, qui n’ont en commun que leur zone de circulation : la ceinture intertropicale (entre le tropique du Cancer et le tropique du Capricorne), en Afrique, en Asie du Sud et du Sud-Est, en Amérique centrale et du Sud, ainsi que dans plusieurs archipels du Pacifique.

On les classe par mode de transmission, parce que c’est lui qui commande la protection.

Pour savoir ce qui circule à votre destination, deux références font autorité au départ de la Belgique : l’Institut de médecine tropicale d’Anvers et le site wanda.be, qui décline ses conseils pays par pays. Le SPF Affaires étrangères renseigne, lui, les conditions d’entrée et les zones déconseillées.

Les maladies transmises par les moustiques

Ce sont les plus fréquentes chez le voyageur, et les plus faciles à confondre.

Le paludisme, ou malaria, est transmis par un moustique qui pique entre le crépuscule et l’aube. C’est la plus grave des maladies du voyageur, et son évolution peut être très rapide. Il circule principalement en Afrique subsaharienne, ainsi que dans certaines régions d’Asie et d’Amérique du Sud. Le paludisme se prévient par un traitement médicamenteux, pas par un vaccin.

La dengue est transmise par un moustique diurne, actif surtout en début et en fin de journée. Elle est présente dans la plupart des zones tropicales et connaît des poussées épidémiques, y compris en milieu urbain.

Le chikungunya est transmis par le même moustique que la dengue et lui ressemble beaucoup, avec des douleurs articulaires souvent plus marquées et plus durables.

Le virus Zika circule dans les mêmes régions tout en étant plus fréquent en Amérique Latine et dans les Caraïbes. Le risque principal concerne la grossesse : une infection contractée pendant cette période peut affecter le développement du fœtus. Les femmes enceintes, comme celles qui envisagent de l’être, doivent en parler à leur médecin avant de réserver un voyage vers ces destinations.

Les maladies liées à l’eau et à l’alimentation

Elles s’attrapent en buvant, en mangeant, et parfois simplement en se lavant les dents.

La fièvre typhoïde se transmet par l’eau ou les aliments contaminés. Elle se manifeste par une fièvre qui monte progressivement, accompagnée de troubles digestifs et d’un abattement marqué.

L’hépatite A suit la même voie de transmission. Son incubation est longue : la maladie se déclare souvent plusieurs semaines après le retour.

La diarrhée du voyageur, ou turista, est de loin la plus fréquente. Bénigne dans l’immense majorité des cas, elle devient préoccupante si elle se prolonge ou si elle s’accompagne de fièvre ou de sang.

Les maladies transmises par contact

La rage se transmet par morsure, griffure ou léchage d’une plaie par un animal infecté. Chiens errants, singes, chauves-souris : après tout contact, lavez longuement la plaie et consultez immédiatement, quel que soit votre statut vaccinal.

La bilharziose s’attrape en se baignant en eau douce dans certaines régions, principalement en Afrique. Le parasite traverse la peau. D’où une consigne sans nuance : pas de baignade en eau douce dans les zones concernées, même dans les lacs et les rivières réputés propres.

La transmission des maladies tropicales

Le vecteur (le transmetteur de la maladie) indique à quoi il faut faire attention.

Pour le paludisme, la dengue, le chikungunya et le Zika, l’agent infectieux passe par la piqûre d’un moustique. Le moustique lui-même n’est pas malade : il ne fait que le transporter. Il s’infecte en piquant une personne porteuse, puis transmet l’agent infectieux lors d’une piqûre suivante. C’est pourquoi le risque monte là où les populations humaines sont denses et les moustiques nombreux.

Il y a cependant des différences : le moustique du paludisme pique la nuit, celui de la dengue pique le jour. Se protéger uniquement la nuit n’est donc pas suffisant.

Le virus Zika, se transmet essentiellement par un moustique mais peut aussi se transmettre par voie sexuelle ou de la mère à son fœtus.

Pour la typhoïde, l’hépatite A et la turista, la transmission est digestive. L’eau et les aliments crus ou insuffisamment cuits sont les principaux vecteurs.

Pour la rage et la bilharziose, le contact suffit : une morsure pour la première, un bain en eau douce pour la seconde.

Les maladies transmises par le moustique ne passent pas d’une personne à l’autre : vous ne « rapportez » pas un paludisme à votre entourage, et vous ne l’attrapez pas d’un compagnon de voyage malade.

Les maladies digestives, elles, se transmettent bien entre personnes : la typhoïde et l’hépatite A circulent par voie féco-orale, et l’hygiène des mains protège autant votre entourage que vous-même.

Quels symptômes doivent alerter ?

Les signaux communs, et pourquoi ils trompent

La difficulté tient à ceci : la plupart de ces maladies débutent comme une « simple » grippe.

Fièvre, maux de tête, courbatures, fatigue intense, parfois nausées. Rien qui distingue d’emblée un paludisme d’une dengue, ni d’un simple virus attrapé dans l’avion.

C’est justement pour cela qu’il ne faut pas trancher soi-même. Toute fièvre survenant pendant ou après un séjour en zone tropicale justifie un avis médical, et l’information décisive à donner au médecin est celle-ci : où vous êtes allé, et quand.

Certains signes imposent une consultation en urgence : une fièvre élevée, une confusion ou une somnolence inhabituelle, des vomissements répétés, des saignements, une éruption cutanée étendue, une difficulté à respirer ou une diarrhée contenant du sang.

Les délais d’incubation, maladie par maladie

Les délais d’incubation des maladies tropicales sont différentes selon les maladies. Pour une information exacte, référez-vous à l’information donnée par l’Institut des Maladies Tropicales d’Anvers.

Ces durées servent à situer la vigilance, pas à poser un diagnostic. Seul un médecin peut trancher !

Les symptômes au retour de voyage

C’est le point le plus souvent négligé, et le plus lourd de conséquences.

Beaucoup de voyageurs considèrent le risque écarté une fois la valise défaite. Or l’hépatite A se déclare couramment un mois après l’exposition, et certaines formes de paludisme peuvent se manifester bien plus tard encore.

Bon à savoir : pendant les trois mois qui suivent un séjour en zone tropicale, signalez systématiquement ce voyage à tout médecin que vous consultez, même pour un motif qui vous semble sans rapport. Cette information peut orienter le diagnostic et faire gagner un temps parfois décisif.

Comment se protéger avant et pendant le voyage ?

La protection contre les piqûres, mesure la plus efficace

La protection contre les piqûres couvre le plus grand nombre de maladies à la fois, et elle ne dépend d’aucune prescription.

  • Un répulsif cutané adapté à la zone visitée, appliqué sur les parties découvertes et renouvelé selon les indications du fabricant.
  • Des vêtements couvrants, manches et jambes longues, en particulier au crépuscule et à l’aube. Attention aussi aux vêtements fins et légers : ils ne protègent pas des piqûres de moustiques ! Certaines couleurs, certaines odeurs et le CO2 que nous expirons peuvent également attirer les moustiques.
  • Une moustiquaire imprégnée dès que la chambre n’est ni climatisée ni correctement fermée.
  • La vigilance en journée dans les zones de dengue, puisque le moustique y pique aux heures claires.

Le traitement préventif contre le paludisme

Dans les zones concernées, un traitement médicamenteux préventif contre le paludisme est prescrit avant le départ. Il se choisit selon la région, la durée du séjour, vos antécédents et vos traitements en cours : il n’existe pas de schéma universel.

En Belgique, la prescription passe par votre médecin traitant ou par une consultation de médecine du voyage. Les centres spécialisés, dont celui de l’Institut de médecine tropicale d’Anvers, disposent des recommandations à jour zone par zone.

Trois règles conditionnent son efficacité : le commencer avant l’arrivée en zone, ne pas l’interrompre pendant le séjour et le poursuivre après le retour pendant la durée prescrite. C’est cette dernière phase que l’on abandonne le plus souvent, alors qu’elle protège encore.

Aucun traitement préventif ne protège totalement. La vigilance sur la fièvre reste entière, même lorsque le traitement a été suivi à la lettre.

L’eau, l’alimentation et l’hygiène

Les conseils suivants peuvent aider à éviter un grand nombre de risques :

  • Consommez de l’eau en bouteille capsulée, ou traitée, y compris pour le brossage des dents.
  • Pas de glaçons dont vous ignorez l’origine.
  • Des aliments cuits et servis chauds, plutôt que crus ou tièdes.
  • Des fruits que vous pelez vous-même.
  • Un lavage des mains fréquent, ou une solution hydroalcoolique lorsque l’eau fait défaut.
  • Pas de baignade en eau douce dans les régions où circule la bilharziose.

Et les vaccins ?

Plusieurs maladies tropicales disposent d’un vaccin, notamment l’hépatite A, la fièvre typhoïde, la fièvre jaune et la rage. Leur pertinence dépend de votre destination, de la durée du séjour et de votre profil. Le calendrier, lui, demande de s’y prendre plusieurs semaines à l’avance.

Le sujet est traité en détail dans notre guide dédié : Vaccins et voyage : lesquels faire, quels effets secondaires.

Le paludisme, lui, ne relève pas de la vaccination : sa prévention passe par le traitement médicamenteux.

Que faire si les symptômes apparaissent en voyage ?

Consulter sur place : à qui s’adresser

En zone d’endémie, faites examiner toute fièvre sans attendre. Pour le paludisme, un retard de quelques jours peut changer le pronostic.

Trouver un médecin fiable dans un pays inconnu est pourtant difficile : on ignore quelle structure consulter, quel niveau de soins attendre, et parfois on ne parle pas la langue. Votre plateforme d’assistance ou l’ambassade de Belgique sur place peut vous orienter vers un praticien ou un établissement adapté.

Indiquez toujours les régions traversées, les dates du séjour et le traitement préventif éventuel. Ces informations sont utiles pour tout diagnostic.

Le rôle de l’assistance médicale et du rapatriement sanitaire

L’assistance médicale joue ici un rôle fondamental : elle prend la recherche en charge, vous met en relation avec une structure identifiée et assure le suivi de votre dossier.

Grâce à votre contrat d’assistance Redion, nos équipes identifient la structure de soins appropriée, prennent en charge les frais médicaux dans les conditions prévues et décident avec les médecins si un rapatriement sanitaire s’impose.

Au retour, à partir de quand consulter ?

Sans attendre, dès qu’un symptôme apparaît !

Consultez rapidement en cas de fièvre, de diarrhée persistant au-delà de quarante-huit heures, de fatigue inhabituelle qui se prolonge, de jaunissement de la peau ou des yeux, ou d’éruption cutanée.

Et gardez le réflexe pendant les trois mois qui suivent : mentionnez votre voyage à tout médecin consulté, quel que soit le motif.

Si le diagnostic tarde ou si les symptômes se répètent, une consultation spécialisée s’impose. La Belgique dispose de plusieurs cliniques du voyageur, et l’Institut de médecine tropicale d’Anvers fait référence sur ces pathologies.

Vous préparez un départ vers une zone tropicale ? Vérifiez votre couverture avant de partir.

Questions fréquentes sur les maladies tropicales

Le délai minimal est d’environ sept jours, et les premiers signes apparaissent le plus souvent dans le mois qui suit l’exposition. Certaines formes du parasite restent toutefois silencieuses bien plus longtemps et se déclarent plusieurs mois après le retour. Toute fièvre survenant après un séjour en zone impaludée, même tardive et même sous traitement préventif, justifie donc une consultation rapide.

Écrit par Xavier Van CaneghemPublié le 16/10/20269 min. de lecture